MATJAPAT SONGS

 

 

LAURE FLORENTIN ET ISABELLE LOPEZ, SOPRANOS

ALEXANDRE REGIS, PERCUSSIONS

 

 

1.   Midjil                 8’32

 

2.   Kinanti               5’34

 

3.   Maskumanbang   6’25

 

 

ROMANCES, CHANSONS SENTIMENTALES ET D’AMOUR INSPIREES DE LA TRADITION JAVANAISE

BOURSE LEONARD DE VINCI DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES 1992

 

COLLECTION EFFECTS INPUT

DIRECTEUR DE LA COLLECTION : RAPHAEL DE VIVO

PRISE DE SON / JEROME DECQUE

 

CREATION AU FESTIVAL GMEM « LES MUSIQUES 96 »

LE 26 AVRIL 1996 AU TNM LA CRIEE DE MARSEILLE

TOURNEE EN INDONESIE 1998 (JAKARTA, DJODJAKARTA, BANDUNG, SURABAYA)

 

 

 

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Texte matjapat (français)                                               Texte matjapat (kawi)

 

 

 

 

Les chants Matjapat chantés ici, sont exclusivement des chants d’amour issus de la tradition. Ils sont chantés en langue Kawi, langue du haut niveau, dans les modes usuels slendro et pelog, et dans leurs mélodies habituelles. L’originalité réside dans la répartition à deux voix d’une mélodie (chant alterné).

La finesse du chant se mesure à l'interprétation des eluk. Pratiqué à la fin de chaque vers, cette ornementation ultime et personnelle permet à chaque chanteur matjapat d’exprimer son émoi musical. Dans la tradition, on appelle également eluk, la personnalisation donnée à la forme ondulatoire de la lame du couteau rituel kriss, ou aux formes géométriques des tissus sacrés batik.

Tous ces éléments ainsi que certaines techniques vocales contemporaines participeront à la relecture de ces chants traditionnels.

 

 

 

UN CONCEPT MUSICAL : LA DUALITE

 

A l’écoute d’un gamelan, l’espace sonore  est certainement un des premiers facteurs d’interrogation pour le musicien occidental.
Le son résulte d’une vibration, d’un micro décalage du temps (retard) et du diapason (micro-intervalle). Ce qui, habituellement, surtout à Bali, s’explique par la division en deux groupes distincts d’un orchestre gamelan. Les notes sont partagées entre les instruments accouplés en paires complémentaires.

 

 

Pour les Matjapat songs, le son suit les règles de cette dualité.

- Les deux chanteuses sont assises au sol, les mélodies matjapat sont réparties à deux voix dans un système d’écriture de chant alterné, pratique inusité dans la tradition matjapat.

- Le percussionniste est placé au fond de la scène, au centre, sur élevé, avec un dispositif de double percussions occidentales, de peaux et de métaux.  La dualité s’exprime ici par le délai oscillant entre les deux groupes de percussions.

- Le clavier midi, pilote un échantillonneur de sons préenregistrés de gamelan, d’ambiance indonésienne. Il peut, grâce au son stéréo de la sonorisation, participer à cette dualité sonore, par un retard de 3 à 15  millisecondes et une différence de diapason d’1/8e de ton entre les canaux gauche et droite de la sono. Les deux voix féminines et les  deux dispositifs de percussions suivent également la même répartition acoustique.

 

 

 

 

 

CONTENU POETIQUE

 

Les textes sont écrits en langue kawi (vieux haut javanais). A java centre, des cercles d'initiés se réunissent régulièrement. A chaque texte chanté, suivent de longues discussions à propos des différentes interprétations poétiques possibles. Car l'intérêt majeur de ces textes est dans l'originalité de la langue kawi qui permet une multitude de significations pour un seul mot. Pour les traductions, j'ai procédé avec la même intention, en passant du kawi au français, via le javanais, l'indonésien et l'anglais.

 

 

L'ESPACE SCENOGRAPHIQUE

 

Il y a un système que les javanais d'aujourd'hui appellent toujours le Matjapat. C'est un système quaternaire (matjapat : lit. lu en quatre) qui consiste à répartir tous les points de l'espace, mais aussi les couleurs, les phénomènes, les divinités, les jours de la semaine, avec un système de 4 + 1, en fonction du nord, du sud, de l'est et de l'ouest et d'un point central qui est conçu comme la synthèse des quatre orients, l'axe du monde. La ville de Jogyakarta, à Java central, est l'exemple type de cette vision orientée, répartie, de l'espace. La ville est un plan quadrillé, avec au centre le palais et au centre du palais, le sultan qui est l'axe du monde. Il garantit l'adéquation entre le microcosme de la société humaine et le macrocosme de l'espace. 

 

 

 

Sources : Matjapat songs by margareth J.Kartomi, Australian National University Press, Canberra 1973                                                         

Music in Bali by Colin Mc Phee, New Haven and London, Yale University Press 1966

 

 

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