Chant 1.

Ayant chanté le pied de l'Homme Suprême Endormi /

sans mouvement sur l'océan de lait, /

avec grande immobilité ou douceur,/

nous ne consommons pas de beurre, /

nous ne consommons pas de lait, /

des jeux dans l'eau, à chaque aurore,/

nous ne faisons pas d'onctions aux yeux, /

ni de guirlandes dans les cheveux. /

Ayant fait résonner, en montrant la main, le chemin de vivre, /

ayant jugé bienheureux la réalisation du retour à la vie, /

on peut s'établir avec la félicité. /

Tel est le sens. (2/30)

Chant 2.

Après avoir loué les noms de l'Homme Suprême "Aux trois pas" /

qui a franchi les mondes en devenant géant, /

si nous jouons dans l'eau en proclamant que c'est pour notre voeu, /

partout dans le pays sans disette,/

chaque mois tomberont trois pluies, /

au milieu du grand Nelli rouge qui pousse haut, /

les carpes sauteront, /

les insectes rayés pourront dormir dans la fleur de lotus, /

sans s'effaroucher, quand on aura saisi leur pis opulent, /

les grandes vaches hautes pourront remplir le pot. /

Il y aura une prospérité illimitée, plantureuse. /

Tel est le sens. (3/30)

 

 

Chant 3.

Toi dont les yeux /

font une pluie d'océan sur l'orbe du monde, /

ne cache pas une seule fois ta main. /

Ayant pris de l'eau, /

élève-toi doucement, /

ayant acquis la noirceur dans ton corps, /

à l'image du Premier Etre des Ages du Monde /

rayonnant d'éclairs comme le disque /

dans la main de Celui aux larges épaules /

dont l'ombilic porte un lotus,

ayant un grondement continuel /

comme la conque enroulée à droite, /

sans arrêt, /

comme la pluie de flèches lancée par l'arc, /

Fais pleuvoir, /

Pleut sur le monde pour qu'il vive, /

nous-mêmes ayant le bonheur de jouer dans l'eau. /

Tel est le sens. (4/30)

Chant 4.

Et les oiseaux chantent. /

N'entendez-vous pas la grande résonance des blanches conques d'éveil /

dans le temple de Celui qui a l'Oiseau pour monture ? /

Eh ! Petite, lève-toi ! /

Ayant bu le poison du sein de la démone,/

ayant projeté ses pieds /

pour détruire les liens du faux chariot, /

la Cause du Monde dormant sur l'océan de lait, /

s'étant levé en ayant quitté consciemment le sommeil /

à l'instant de l'aurore, /

comme les femmes qui portent un embryon /

se lèvent doucement /

de manière à ne pas faire de mal /

à l'enfant calmement endormi dans leur coeur, /

il provoque le rafraîchissement/

lors de son entrée /

dans le coeur de Celui qui fait le grand cri de "Hari". /

Tel est le sens. (6/30)

 

Chant 5.

De ceux qui ont le bonheur /

de traire de nombreux troupeaux de vaches ayant des veaux/

de ceux, qui, pour repousser les forces des adversaires, /

font front puis engagent le combat/

toi, liane d'or dont le sexe est un cobra de termitière, /

eh! Paonne de la jungle! Viens!/

Ils sont entrés dans la cour /

et chantent le nom /

de Celui qui est couleur de nuage. /

Pour toi, fille comblée, /

quel motif y a-t-il d'être sans occupation du corps et de la parole ? /

Tel est le sens. (11/30)

Chant 6.

Par le bonheur éminent des maîtres de maisons boueuses /

des aspersions de lait /

véhiculé par le pis des bufflesses /

pleines de tendresses pour leurs bufflons, /

tandis que la rosée tombe sur notre tête, /

et que nous nous trouvons au bord de la véranda de la porte extérieure, /

même pendant le chant /

de Celui qui a détruit avec colère le chef de la Lanka du Sud, /

toi tu ne remues même pas la lèvre. /

A présent, lève-toi ! /

ou quel est ce grand sommeil au su de tous les voisins ? /

Tel est le sens. (12/30)

 

Chant 7.

Dans votre étang du jardin de derrière, /

la bouche du lotus rouge s'est épanouie, la bouche du lotus blanc s'est fermée. /

Les renonçants de quatrième classe, aux vêtements couleur de poudre de brique, /

qui ont purifié leur blanche denture, engagés dans la grande ascèse, /

après avoir rejeté le goût pour la transmigration, /

partent pour présenter la conque à leur temple fortuné. /

Toi qui te contente d'avoir donné de bouche ta parole /

qu'étant levée la première tu nous ferais lever, /

toi qui as la plénitude de tes membres, lève-toi ! Ehontée ! Toi qui as la langue, /

chante Celui dont les grands bras portent la conque et le disque,/

Celui qui a des yeux de lotus rouge. /

Tel est le sens. (14/30)

Chant 8.

Eh! Amie pareille à une jeune perruche! même à présent, est-ce que tu dors?/

Ainsi interpellée, elle répond : /

n'appelez pas de façon insupportable, je sors! /

Ainsi interpellées, elles répondent : /

tu es celle qui sait être forte en bouche, c'est d'avance que nous connaissons la variation de ta parole ! /

Ainsi interpellée, elle répond : /

c'est vous qui savez être fortes et c'est moi que vous traitez de telle! /

Ainsi interpellées, elles répondent : /

Arrive-vite, qu'as-tu a différer ? /

Ainsi interpellée, elle répond : /

est-ce que toutes sont arrivées ? /

Ainsi interpellées, elles répondent : /

toutes sont arrivées, si tu as un doute, arrive et compte, /

pour chanter Celui qui a tué l'Eléphant puissant /

qui est capable de dominer le rayonnement des ennemis, /

l'Illusionniste dont les actes sont des prodiges. /

Tel est le sens. (15/30)

 

Chant 9.

Gardien de la divine maison qui est là avec l'état de Guide, /

gardien de la porte de l'arcade où parait l'Etendard, /

enlève le verrou du vantail à pierreries. /

A nous jeunes pastourelles, /

Celui dont les actes sont des prodiges, qui a le teint pareil au saphir, /

Celui qui vient de donner sa parole /

qu'il donnerait l'espèce d'instrument de musique qui résonne, /

nous sommes arrivées pures /

devant faire le chant d'éveil de l'Endormie. /

Toi, allié de prédilection, ne parle pas d'abord contre cela. /

Ouvre le vantail graissé tenu par le ferme lien de la porte. /

Tel est le sens. (16/30)

Chant 10.

Tandis que brûle le lampadaire sur le lit aux pieds d'ivoire, /

étant monté sur la couche douée des cinq qualités, /

la beauté, la fraîcheur, la douceur, la blancheur et le parfum, /

toi sur la vaste poitrine de qui empiète le bout de sein de Nila /

à la chevelure parfumée de fleurs épanouies en bouquet, /

prononce une parole ! /

Toi aux yeux élargis de fard, /

tu t'opposes à ce que ton héros se lève de la couche /

même un court instant, /

tu ne permets pas d'être sans embrassements, /

même un court instant. Ce n'est pas juste. /

Tel est le sens. (19/30)

 

Chant 11.

Ayant pris la tête des trente-trois dizaines de millions de dieux, /

toi qui as été capable d'arrêter le tremblement de crainte, droit, fort, /

qui donne la fièvre aux ennemis, immaculé, sors du sommeil ! /

Toi dont les seins pareils à des coupes /

sont d'une douceur dont il est impossible de se détacher, /

dont la lèvre est pourprée, dont la taille est fine, /

donne l’éventail et le miroir à ton époux, tout de suite, /

et jouons dans l'eau. /

Tel est le sens. (20/30)

Chant 12.

Fils de Celui qui a acquis en quantité les grandes vaches plantureuses /

qui répandent le lait sans interruption, /

directement dans les pots présentés, /

au delà de ce qu'ils peuvent contenir, éveille-toi !/

Ferme, grand, rayonnement fixé en visibilité dans le monde, sors du sommeil. /

Tes ennemis, ayant perdu leur force, /

à l'endroit de ta porte parvenue en détresse, se confient à tes pieds, /

de même, en priant, nous sommes arrivées en chantant. /

Tel est le sens. (21/30)

 

Chant 13.

De toi qui jadis as franchi ces mondes-ci, /

que triomphent les pieds ! /

De toi qui, étant allé à la Lanka du Sud, l'as détruis, /

que triomphe la force ! /

De toi qui as frappé du pied pour le détruire le chariot, /

que triomphe la renommée ! /

De toi qui as lancé les fruits de pomme de singe le veau transformé, /

que triomphe la prouesse ! /

De toi qui as soulevé la montagne en guise de parapluie, /

que triomphe la qualité d'être parapluie et d'être support ! /

Quand elle a vaincu les ennemis, /

que triomphe l'arme qui est dans ta main de redresseur de l'inimitié. /

Ayant loué tout le temps ta prouesse, /

désireuses de souffler dans la sorte d'instrument de musique /

qui est l'instrument du voeu, /

à présent /

nous sommes venues. /

Tel est le sens. (24/30)

Chant 14.

Toi qui, en une seule nuit, /

incarné comme fils d'une femme /

et escamoté comme fils d'une autre femme, /

en grandissant /

tu as altéré l’humeur de Kamsa /

désireux de te tuer parce que ne pouvant supporter cela, /

tu as été comme un feu dans son ventre. /

Si tu donnes l'instrument de voeu, /

chantant la louange /

de Celui qui est digne d'être l'époux de la fortune et ses exploits de héros, /

bannissant l'affliction, nous remplissons notre voeu. /

Tel est le sens. (25/30)

 

Chant 15.

Toi au teint de saphir, /

pour le jeu dans l'eau, /

couchée sur la feuille de banian, /

si tu demandes les choses nécessaires aux actes des personnes éminentes, /

des choses résonant à faire trembler toute la terre, /

accorde la conque pareille à la couleur de lait /

à ceux qui chantent l'adresse du bonheur. /

Des choses larges, /

un très grand tambour, des chanteurs de vivats, /

une belle lampe, un étendard, un dais. Voilà l'affaire. /

Toi qui es sur la feuille de banian, accorde tout. /

Tel est le sens. (26/30)

Chant 16.

Toi plein de l'héroïsme /

qui subjugue ceux qui n'ont pas pris refuge en toi, /

t'ayant chanté, ayant obtenu tout l'attirail du voeu,/

selon la convenance, bracelets à griffes de tigres, anneaux de cobra, /

fleurs du haut de la tête, couvre-chignon à palanquin, anneaux de cheville, /

tous les attributs sont à tenir, /

toutes les parures sont à porter, /

et l'écharpe est à porter, /

du riz au lait et du beurre liquide couvrant en pluie, /

de couler vers l'avant-bras jusqu'au coude, /

tandis que nous nous serons réunies, installées, rafraîchis. /

Tel est le sens. (27/30)

 

Chant 17.

Juste à l'aurore propice à la sérénité d'esprit, nous sommes venues te saluant /

écoute le fruit de la louange du lotus de tes pieds, /lotus désirable. /

Inéluctable est ton appropriation à toi qui ne l'interdis point, /

de notre servitude en cette naissance /

à ton égard à toi né dans la famille /

de ceux qui font paître les vaches. /

Nous ne sommes pas désireuses de recevoir /

la sorte d'instrument de musique qu'est l'instrument du voeu. /

Pour toujours, partout, même dans sept fois sept naissances, /

puissions nous être tes alliées ! /

Nous nous livrons à ton humble service,fais cesser tout autre désir pour nous/

Tel est le sens. (29/30)

Chant 18.

Les jeunes filles à visage de lune, pourvues de la toilette appropriée, /

étant allées vers Celui qui a baratté l'Océan parcouru de vaisseaux, /

ayant pris refuge vers lui, obtinrent par là l'instrument du voeu. /

Ceux en ce monde qui méditent impeccablement de cette manière-ci /

sont auprès de Celui qui a quatre bras pareils à de grandes montagnes, /

dont le visage à la beauté du lotus à l'oeil rouge /

qui possède à la fois la plénitude et la souveraineté, /

et ils sont la béatitude en ce monde et dans l'autre. /

Tel est le sens. (30/30)

 

 

LES REVERIES DE LA RESONANCE

 

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