Entre le temps et l’éternité

 

pour quatuor à cordes virtuel

et chants du Bengale

 

Programme Villa Médicis Hors-les-murs 2000

Ministère de Affaires Etrangères

 

avec Gautam Mitra, chant

 

ET PHILIPPE MACCARIO, VOIX (ALBERT EINSTEIN)/ GAUTAM MITRA, VOIX (RABINDRANATH TAGORE)

 

1.   CHAI ANONDO CHAI        12’02

2.   KOMOLA                        12’31

3.   OGO                             13’01

4.   SOTHENIGHT’S 4            05’04

 

 

Entre le temps et l’éternité, a été créé au Festival Les Musiques Marseille 2002, et présenté en tournée en Inde,

en partenariat avec les Alliances Française de Madras, Calcutta, Delhi, Pune, Bombay, Hyderabad

et l’ambassade de France en Inde, en juin 2003.

Festival Musica sacrae – Maastricht (Hollande) septembre 2007

 

Bourse Villa Médicis hors les murs 2000.

 

Enregistrement réalisé avec le soutien de l’ambassade de France en Inde.

 

Collection effects input

Directeur de la collection : Raphaël de Vivo

Prise de son : Jérôme Decque

Mixage : Jean-Luc Therminarias

 

Réalisation : Studios Gmem

www.gmem.org

 

 

 

 

sepia

 

Cette création musicale intègre l’écriture d’un quatuor à cordes virtuel à des chants bengali, avec comme élément rythmique, des voix enregistrées d’après la rencontre d’Einstein et Tagore.

Création  au Festival « Les Musiques 2002 » Marseille –1er Juin 2002.

 

L’écriture de cette œuvre est ainsi déterminée

 

·         Par la diffusion enregistrée par deux comédiens d’une conversation entre Albert Einstein et Rabindranath Tagore, retravaillée en studio afin de donner un support rythmique, une respiration  par la parole.

 

·         Par la présence sur scène de Gautam Mitra, chanteur bengali. Les chants baul servent de base thématique à l’écriture du quatuor.

 

·         Par une sonorisation permettant une spatialisation du quatuor à cordes électro-virtuel. Le quatuor est composé d’échantillons de violons, d’altos et de violoncelles. La diffusion du son est quadraphonique et est traitée par ‘holophon’, système de multidiffusion du Gmem. Cette diffusion place le public au cœur même du son du quatuor.

 

 

 

 

 

 

« Les mélodies bauls prêtent voix à la nuit étoilée,

aux premières lueurs de l’aube,

elles parlent de la douleur qui pénètre l’atmosphère

quand les nuages sombres s’abaissent

et de l’ivresse silencieuse du printemps quand il erre dans les forêts ».

 

Rabindranath TAGORE

 

 

 

Conversation entre le temps et l'éternité

 

En 1930, Albert Einstein et Rabindranath Tagore se rencontrent à Kapun, dans les faubourgs de Berlin. Cet échange historique laisse apparaître des questionnements philosophiques et scientifiques, à travers les perceptions occidentale et orientale des deux humanistes.

Au cours de ce dialogue, Einstein se révèle plus religieux que son interlocuteur. Face à Tagore, il défend la conception d'une réalité indépendante de l'esprit humain, de l'existence même des hommes, sans laquelle la science n'aurait pas de sens. Tagore, au contraire, définit la réalité que vise la vérité, qu'elle soit d'ordre scientifique, éthique ou philosophique, comme relative :

 

Le papier a une réalité, dit-il, infiniment différente de la réalité de la littérature. Pour le type d'esprit que possède la mite qui dévore le papier, la littérature est absolument inexistante ; mais pour l'esprit de l'homme, la littérature a une plus grande valeur de vérité que le papier lui-même. De même, s'il existe une vérité dépourvue de relation sensible ou rationnelle avec l'esprit humain, elle restera néant aussi longtemps que nous resterons des humains.

 

Pour Tagore, la vérité reste un processus perpétuel, par définition ouvert, de réconciliation entre l'esprit humain universel et l'esprit humain confiné en chaque individu.

 

 

 

 

 

La mesure de la parole

 

L’écriture de l’œuvre se détermine sur trois éléments : la diffusion enregistrée par deux comédiens de la conversation entre Einstein et Tagore, retravaillée en studio afin de donner une mesure, une respiration par la parole ; l’écriture d’un quatuor à cordes virtuel ; et la présence sur scène d’un chanteur bengali, interprète de chants bauls et du Bengale. Ces chants ont servi à bâtir la thématique de l’écriture du quatuor à cordes, tandis que des visions fugitives de Bartok, Dutilleux, Cage, Sciarrino… en traversent l’aire de jeu.

 

 

CONVERSATION (extrait)

 

TAGORE: I was discussing with Dr. Mendel today the new mathematical discoveries which tell us that in the realm of infinitesimal atoms chance has its play; the drama of existence is not absolutely predestined in character.

EINSTEIN: The facts that make science tend toward this view do not say good-bye to causality.

TAGORE: Maybe not, yet it appears that the idea of causality is not in the elements, but that some other force builds up with them an organized universe.

EINSTEIN: One tries to understand in the higher plane how the order is. The order is there, where the big elements combine and guide existence, but in the minute elements this order is not perceptible.

TAGORE: Thus duality is in the depths of existence, the contradiction of free impulse and the directive will which works upon it and evolves an orderly scheme of things.

EINSTEIN: Modern physics would not say they are contradictory. Clouds look as one from a distance, but if you see them nearby, they show themselves as disorderly drops of water.

TAGORE: I find a parallel in human psychology. Our passions and desires are unruly, but our character subdues these elements into a harmonious whole. Does something similar to this happen in the physical world? Are the elements rebellious, dynamic with individual impulse? And is there a principle in the physical world which dominates them and puts them into an orderly organization?

EINSTEIN: Even the elements are not without statistical order; elements of radium will always maintain their specific order, now and ever onward, just as they have done all along. There is, then, a statistical order in the elements.

TAGORE: Otherwise, the drama of existence would be too desultory. It is the constant harmony of chance and determination which makes it eternally new and living.

EINSTEIN: I believe that whatever we do or live for has its causality; it is good, however, that we cannot see through to it.

 

 

 

 

 

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